*vive l’anarchie

Je discutais des liens entre la littérature et ce que l’on nomme la réalité (les perceptions et les théories physiques ou autres que l’on peut avoir pour comprendre celle-ci (puisque théorie et perception (directe ou par l’entremise d’instruments divers) sont indissociables)). On n’est pas sorti du bois! Dans les faits, la théorie bien sûr prend toujours beaucoup de place, comme elle précède tout ce que nous regardons. Si la littérature a un rôle, c’est bien de jouer les trouble-fête et de déplacer la théorie, de jouer avec celle-ci, dans un cadre existentiel donné. C’est essentiellement un jeu de l’esprit, ancré dans une épistémologie.

Mais la littérature a plusieurs rôles – parce qu’elle a une architecture complexe qui lui permet de phagocyter à peu près tout ce que vous rencontrez sur votre chemin (des faits divers aux théories cosmologiques) et qu’elle échappe idéalement à toute structure.

Évidemment, je ne pensais pas que je deviendrais un jour un vieux con. Je pensais mourir bien avant. À bien des égards, je me suis survécu. Mais la littérature reste pour moi un immense laboratoire où je ne me sens jamais étranger.

Je me suis inscrit sur Instagram et la question s’est posée cette fois-ci sur les liens entre l’image instagrammatique de l’écrivain et le privé. Est-ce que je peux danser? Être idiot? Ou dois-je montrer des montages esthétiques et lisses, d’une vie idéalisée où les gens ne boivent pas de rhum et ne se font pas sauter la cervelle. J’aime les haïkus, s’ils ne sont pas désexualisés. La littérature ne doit pas tricher avec la vie : elle doit englober tout ce qui existe. Tout reste à faire.

*J’aime Emma Goldman. Un soir elle dansait. Un camarade lui a dit que cela ne cadrait pas avec l’image d’une révolutionnaire. Elle a répondu qu’elle faisait la révolution aussi pour cela : pour pouvoir danser. Vive le 8 mars!  Il faut lire son livre : Living My Life.