Le temps des anarchistes

Je roulais sur l’autoroute 40. Je ne sais pas pourquoi le nom d’Emma Goldman m’est revenu en mémoire. Probablement l’actualité : tous ces événements qui surviennent et qui nous semblent impossibles, les kamikazes qui se font éclater la cervelle, les tueries, le clivage entre les gens selon le groupe auquel ils appartiennent, leur tendance vestimentaire, la gravité terrestre, leurs goûts musicaux.

J’aime bien écouter la pluie qui tombe. Mais la vie nous engouffre. Emma luttait pour un monde meilleur, sans se refuser à la joie. L’anarchie n’est plus une option politique, tout comme le communisme. Toutefois, leur analyse du capitalisme et de la démocratie reste pertinente, et devrait nous aider.

À l’autre bout du spectre, il faut bien avouer l’échec de la realpolitik, où les intérêts financiers finissent toujours par être mis de l’avant, au-delà de toutes valeurs morales, et souvent en se déguisant de celles-ci. Emma ne regardait pas le néant. Elle est un de ces fantômes avec qui je discute parfois le soir, dans l’auto. Sur le siège arrière, il y a plein de gens. Stendhal, Virginia Woolf…