Perdre la foi

Souvent, lorsqu’on écrit, on tourne en rond. Certaines personnes perdent la foi. Moi, je crois que cela m’a permis de retrouver certaines choses. La simplicité, par exemple. Et tout ce qui est immoral, tout ce que l’on ne peut dire et qui est si précieux, ce qui appartient à la fatalité, ce qui fait que les mots nous relient non seulement à notre histoire, mais aux épopées, aux mythes et à ce que certaines personnes ont appelé la tradition!

La littérature est-elle vraiment ce lieu où toutes les aventures peuvent se dérouler? Je me sens maussade aujourd’hui. Les mots du dictionnaire ne sont pas seulement des dispositifs pour dire bonjour! Et conclure un marché. C’est un acte presque sensuel, obscène, avec notre humanité, un lieu où l’on peut suspendre le jugement.

Voilà que l’on prétend qu’il n’y a plus de vie secrète. Les mots sont répétés tellement de fois. Sur Facebook, les gens redisent inlassablement les mêmes choses. J’en ai le vertige. Alors peut-être que l’on devrait parler de sexe. Peut-être que l’on devrait reprendre les choses depuis le début. Apprendre à parler!