Les héros ne fuient pas

par Pierre Yergeau

Sidonie m’a écrit qu’elle croyait que je fuyais. Elle a sans doute raison. Je fuis ce qui n’est pas résolu. Je fuis ces mécanismes formés de rouages plus ou moins détraqués. Je fuis les discours qui se répètent. Je fuis mon visage dans le regard des autres. Je fuis une certaine idée du confort. Une histoire trop prévisible. Les histoires convenues, les regards détournés, le manque de passion, une sorte de dérive intérieure, d’acceptation, de laisser-aller. La fuite est une stratégie de défense ou de survie. Les héros ne fuient pas. Ils s’obstinent, jusqu’à la tragédie. Je n’ai jamais cru que j’étais un héros.

Je veux être superficiel : vivre à la surface des choses, parce que c’est ce qu’il y a de plus précieux.